Parole en haut silence en bas

Parole en haut silence en bas

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« Jamais je n’ai eu autant besoin de connaître l’opinion de mes concitoyennes et concitoyens. Jamais je n’ai eu autant besoin de partager avec eux mes interrogations. Sur les attentats, leurs causes, leurs motivations. Sur les caricatures de Mahomet, aussi, disons-le franchement. »

L'Innombrable, c’est celui qui ne profite pas de la fameuse liberté d’expression devenue la valeur majeure de la République. C’est celui à qui elle ne s’applique pas. Qui porte un invisible bâillon. Un des noms de ce bâillon est : légitimité. C’est très compliqué, cette question de l’accès à la parole, orale, écrite. De se sentir légitime, ou interdit. Qui la donne, la légitimité ? Et comment vit-on l’illégitimité ? La vraie inégalité est là. Entre ceux qui ont un accès à la parole et ceux qui ne l’ont pas.

Détails du livre

À propos de l'auteur

Danièle Sallenave

Danièle Sallenave est l’auteur d’une trentaine de romans, récits, essais et pièces de théâtre. Elle a été élue le 7 avril 2011 à l’Académie française. Très engagée dans la promotion de la lecture auprès des jeunes, elle a fondé et anime l’association «Silence, on lit!».

Commentaires

Liberté

« Liberté de parole et d'écrit : de quelles libertés est-il question ?
Une définition simple et bien connue est, d'après la citation de John Stuart Mill : « La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres », l'intérêt du collectif prime sur l'intérêt individuel.
Pourquoi ce principe de simple bon sens a-t-il tant de difficultés à s'appliquer rigoureusement, au XXIe siècle ?! : Réseaux sociaux laxistes, religions dévoyées et politiques nombrilistes surfant compulsivement sur les divisions entre les citoyens. Les plus faibles d'entre eux en perçoivent une légitimité à agir n'importe comment.
En politique, comme en religion, il y a ceux qui la servent et ceux qui s'en servent. Est-il si compliqué d'établir strictement et légalement la différence ?
Navrant !
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Dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, on lit :
Art. 4. - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
Ce que l'on retrouve dans la deuxième Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (préambule de le Constitution du 24 juin 1793) sous une forme légèrement différente :
Article 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui : elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait.
»