Tracts de Crise (N°45) - Bonjour, monsieur Orwell

Tracts de Crise (N°45) - Bonjour, monsieur Orwell

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« Pourquoi vivre si l’on n’est pas d’abord libre, telle est la question face au projet gouvernemental. » Patrice Franceschi

Détails du livre

À propos de l'auteur

Patrice Franceschi

Écrivain, aviateur et marin, Patrice Franceschi partage sa vie entre écriture et aventure. Ses romans, récits, poésies ou essais sont inséparables d’une existence engagée. il a reçu le prix Goncourt de la nouvelle en 2015.

Commentaires

Une certaine réalité

« Bonjour,
Merci pour votre tract du jour (n° 45).
Sentimentalement, je ne pourrais qu’être d’accord avec vous, même si ce qui se passe dans certains pays (Corée du Sud par ex) devrait inciter à relativiser certaines affirmations. Mais surtout la vie m’a appris que le monde dans lequel nous vivons ou croyons vivre n’était pas aussi idyllique que vous le laissez entendre. Permettez moi de vous contez deux histoires explicatives qui montreraient que le monde d’Orwell n’est pas loin ; il est sans doute déjà là depuis des années.
Juste avant ma retraite (prise le 31 juillet 2010), je travaillais à la Commission Européenne, au Centre Commun de Recherche. J’étais le « Conseiller du Directeur Général », fonction que j’ai occupée avec 5 DG successifs. J’avais droit à ce titre à un téléphone portable personnel officiel et la possibilité de l’utiliser à des fins personnelles quand j’étais en voyage pour mission.
Mon travail consistait notamment à coordonner les chercheurs du Centre et mon domaine personnel, car je tenais à en avoir un, était la sécurité nucléaire (sécurité et non pas sûreté).
En 2008, il y adonc 12 ans de cela, j’ai profité d’une mission aux USA pour rendre visite à ma sœur qui habitait dans une petite ville de Californie, dans la montagne au dessus de Los Angeles. Au même moment mon fils, dans le cadre de ses études d’ethnologie sur les émigrés chrétiens irakiens en Syrie, faisait un long séjour à Damas et souhaitant rester en contact avec lui malgré la distance, je lui téléphonais régulièrement avec mon téléphone portable.
Il se trouve que ma sœur était une spécialiste des questions de sécurité informatique et en avait fait son métier. Au bout de quelques jours de ma présence chez elle, elle s’est rendue compte que son téléphone personnel était sur écoute et que ses 3 ordinateurs étaient régulièrement « visités ». Elle a immédiatement fait le lien avec mes appels en Syrie : les « autorités américaines » m’avaient repéré et localisé, fait le lien avec elle et l’avait mise sous surveillance. Avec son expérience, elle a su virer les intrus de deux de ses ordinateurs quand soudainement le 3ème est « tombé en panne » et non sans mal, elle a su récupérer ses données et le faire redémarrer.
A la même époque, de 2007 à 2012 (donc au-delà de ma retraite) j’ai été nommé coordonnateur pour l’ensemble de l’Union Européenne du plus grand programme de recherche international intitulé « GEN IV ». Un soir, fin 2009, fort de ce que ma sœur m’avait appris, j’ai constaté que mon téléphone privé à Bruxelles était sur écoute. Le lendemain, j’ai téléphoné de mon bureau à un ami français qui travaillait dans les services de sécurité de la Commission Européenne pour lui demander ce qu’on pouvait faire.
Il a éclaté de rire au téléphone et m’a dit « avec la fonction que tu occupes et les dossiers dont tu as la charge, comment peux-tu t’étonner d’être sur écoute ? ». Néanmoins, il a du faire le nécessaire car l’écoute a cessé ou au moins est devenue très discrète !
Comprenez que les entorses ou risques que vous mentionnez sont si loin d’une réalité ignorée que parfois on peut se demander si la « clarté » du régime chinois n’est pas préférable à la fausseté de certaines « démocraties », surtout que les technologies ne cessent de progresser. »

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